Quand l’Angleterre monarchique a traité ses colonies en subalternes, les taxant indûment pour enrichir la Couronne, leurs connaissances, leurs expériences n’ont pu que proposer liberté et indépendance. L’Angleterre leur refusait la représentation au Parlement auquel l’envoi de leurs taxes leur donnait droit. Premier mot d’ordre de la révolution : « No taxation without representation. »
La situation était fragile parce que les Anglais d’Angleterre sur place et dans des postes influents n’avaient de cesse de contrecarrer leurs projets.
Thomas Paine, écrivain et essayiste qui a écrit The Common Sense, a dit : « It was ridiculus for a continent to belong to an island .» C’est Thomas Payne qui a proposé le nom : États Unis
J’avais appris l’anglais à l’école. Je lisais des magazines, des livres et j’allais au cinéma Seville, les jeudis après la classe que nous finissions à trois heures. Nous relevions nos robes noires, un peu de rouge aux lèvres et montions vers la rue Sainte-Catherine pour voir les Judy Garland, Tyrone Power, Ronald Reagan et autres.
Dans ma famille on parlait un français impeccable avec quelques mots anglais comme le boiler, la tank à eau chaude, le toaster, (cependant on ne disait ni le sink, ni la pantry, j’ignore pourquoi).
Ma grand’mère et mes grands tantes (Alice, Alexina et Purissima) avaient un vocabulaire étendu, s’exprimaient avec vivacité, se faisaient rire mutuellement comme des folles en racontant toutes sortes d’anecdotes de la vie quotidienne. Ma grand’mère, mère de ma mère, aimait, à bon escient, répéter cette phrase : « Quelle heure z’est-il à votre montre en or et à votre chaîne de même métaux . »
Mon père, soldat, avait passé six mois en Angleterre qu’il a beaucoup aimé. Mon oncle Albert allait à New-York à l’occasion et avait des amis, les Beatties.
Mon oncle avait aussi un petit radio à ondes courtes. Il entrait en contact avec des hommes loin sur la planète et pour ce faire il tâtonnait patiemment et j’entendais des grésillements jusqu’à ce qu’il rejoigne un correspondant sur un bateau au milieu de nulle part.
Je me suis intéressée à la politique dès mon adolescence, comme ci comme ça, au hasard des élections, des événements internationaux, entendre européens, qui nous venaient par la radio et les journaux en français. Mon père ne voulait pas parler des élections avec moi et il me recommandait de ne le faire avec personne. Il connaissait mes élans et voulait les endiguer, surtout du fait qu’il tenait une taverne.i en fut-il autrefois.
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Mes connaissances des Etats-Unis demeuraient éparses. Un fil commençait à se tisser quand je me mis à lire des documents historiques comme La Guerre de la Conquête de l’historien Guy Frégault qui a consulté nos documents historiques dans les Archives des Etats-Unis autrement dit la Guerre de Sept ans entre la France et l’Angleterre sur notre continent; je fis des recherche sur la Société en Nouvelle-France; par la suite sur les Patriotes de 1839 du Bas et du Haut Canada.
Je commençai la lecture des romans des Saul Bellow, John Updike, Norman Mailer et autres dont les réputations ne sont plus à faire et puis des livres écrits par des femmes, Mary MacCarthy, Patricia Highsmith, Betty Friedan, par exemple.
Tout ce que nous savons de pire sur les Américains, c’est d’eux-mêmes que nous l’apprenons. Je n’ai de ma vie pensé et prétendu que les Américains soient parfaits. Ils pensent eux-mêmes qu’ils ne le sont pas; ils se disent cependant perfectibles. Les préjugés abondent à leur sujet et nous sont relayés par l’Agence France-Presse axée sur le négatif, et les préjugés des Français, éternels déprimés et pessimistes.
Après des années de vexations au travail à Radio-Canada du fait que je ne venais pas récemment de France, (mon ancêtre, François Thibault, est arrivé au Canada en 1665, à l’âge de 18 ans, originaire de l’île de Ré) de ce que n’étais pas l’élève de cours de diction avec l’Accent, ni n’avais suivi de cours de théâtre dans la France elle-même, J’ai pris les E.-U. comme planche de salut, ce qu’ils sont pour qui émigrent chez eux. J’ai eu besoin de cette société fraternelle pour ne pas sombrer dans la bêtise.
« Le grand avantage des Américains est d’être arrivé à la démocratie sans avoir à subir de révolution et d’être nés égaux au lieu de le devenir. » a écrit Alexis Tocqueville dans « La démocratie en Amérique ».